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Pesticides s’informer


Eau, air, sol

rivière

 

Après quelques semaines, quelques mois ou quelques années, la plupart des pesticides se dégradent en nouveaux produits, pas toujours connus, parfois plus polluants et plus stables que la substance active initiale.

 

Dans l’eau et dans les sols

En Rhône-Alpes, 87 % des points de mesure en cours d’eau et 79 % en eaux souterraines sont contaminés par les pesticides (Données 2009/2012, DREAL Rhône-Alpes). Nos rivières transportent de véritables cocktails chimiques : 159 substances différentes ont été détectées au moins une fois dans les cours d’eau (contre 87 dans les eaux souterraines).

En 2012, près de 2 % de la population rhônalpine a été alimentée avec une eau au moins une fois non conforme pour le paramètre pesticide.

L’eau agit comme un redoutable épandeur de ces cocktails chimiques : chaque année, des captages d’eau potable sont abandonnés à cause de ces produits. Une seule goutte de pesticide pur suffit à rendre impropre à la consommation humaine plusieurs centaines de milliers de litres d’eau.

Des traces de pesticides dans les eaux de pluie sont constatées sur l’ensemble du territoire national, à la ville comme à la campagne ; les concentrations en pesticides peuvent atteindre plus de 100 fois les normes tolérées pour l’eau potable. Plus les gouttelettes sont fines et plus elles rencontrent de pesticides. Les brumes, les brouillards et la rosée sont beaucoup plus chargés en pesticides que la pluie.

 

Dans l’air extérieur

Contrairement aux aliments destinés à la consommation humaine, il n’existe aucun seuil réglementaire pour les teneurs en pesticides dans l’air que nous respirons. Or, une expertise menée 2005 par l’INRA et l’IRSTEA montre que 30 à 50 % des pesticides pulvérisés peuvent se retrouver dans l’atmosphère. Par ailleurs, des suivis annuels ont été réalisés en zones habitées sur 7 sites rhônalpins de 2007 à 2009. Le nombre de pesticides différents mesurés dans l’air varie selon les sites : 5 en parc naturel, 22 en zone urbaine, de 14 à 46 en zone agricole selon les filières et les zones. Le lindane, insecticide interdit en France depuis 1998 en agriculture, est très souvent détecté.

 

Dans nos habitations

salonLes pesticides sont présents également dans nos maisons : ceux que l’on utilise à l’intérieur évidemment, mais aussi au jardin. En effet, de nombreux jardiniers amateurs pulvérisent des pesticides à proximité des habitations, et ces produits rentrent dans les maisons avec la poussière et les particules de terre transportées par les animaux domestiques et l’homme. Les bébés sont les plus exposés du fait qu’ils jouent à même le sol, et donc respirent et ingèrent les résidus de pesticides présents sur les poussières des moquettes ou des planchers.

 

Trop d’insecticides ménagers

Les produits insecticides ne manquent pas pour détruire les petites bêtes présentes dans nos maisons. Sous forme de poudres, de liquides (solutions à pulvériser), de boîtes appâts, de bombes aérosols ou encore dans les colliers anti-parasites des animaux domestiques, ils contiennent de multiples substances actives et synergisantes.

 

Les enfants fortement exposés dans nos maisons

L’Institut National de l’Environnement Industriel et des Risques (INERIS) a réalisé une campagne de mesures en 2006 pour évaluer l’exposition de 130 enfants franciliens à certains pesticides présents dans l’environnement intérieur.

Au moins un produit de type pesticide a été retrouvé dans 94 % des logements. Les pesticides les plus fréquemment retrouvés dans l’air des habitations sont le lindane (interdit depuis 1998), l’alpha-HCH (classé comme « probablement cancérogène » par l’Agence américaine de protection de l’environnement et le Centre international de recherche sur le cancer) et le propoxur (insecticide utilisé contre les puces, les tiques et les poux).

Dans les habitations où un traitement anti-termite a été utilisé, des taux plus élevés de métabolites (produits résultant de la dégradation des pesticides) ont été mesurés dans les urines des enfants.